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La révolution médiatique

Les enjeux de l’éditorialisation

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EditorialisationLa prolifération de ces contenus de masse pose désormais la question de l’organisation de cette matière première. Jusqu’à présent, le monde des médias se caractérisait par sa capacité à ordonner un contenu, à l’intégrer dans une ligne éditoriale, une grille de programmes ou un médiaplanning. Désormais, le contenu est délivré brut. Le média n’est plus en charge de l’éditorialiser. D’une certaine manière, l’utilisateur final devient son propre rédacteur en chef, sélectionne son information, la hiérarchise en fonction de son profil ou de ses attentes du moment.

A nouveaux outils, nouvelle organisation des contenus

La presse est le premier secteur à expérimenter ce nouveau mode de consommation de leurs contenus à l’issue de deux événements concomitants : l’arrivée sur le marché des ardoises digitales et celle d’outils d’agrégation de contenus, permettant une sélection par le lecteur des sujets le concernant. Les premières sont considérées par beaucoup comme le sauveur possible de la presse écrite. Elles incarnent la synthèse attendue entre une ergonomie présentant des analogies avec les techniques de mise en page et de prise en main traditionnelles et une connectivité assurant l’ouverture des contenus vers le monde extérieur. Les seconds constituent aujourd’hui des solutions techniques permettant d’agréger sur un support numérique du contenu sélectionné, agencé et éditorialisé selon des codes proches de la presse magazine. Les acteurs majeurs de ce secteur s’appellent Flipboard, Google Currents, News Me, Zite, Postpost ou Paperli. Ils se basent tous sur une rééxploitation des contenus existants sur la toile en les organisant selon des thèmes préétablis par le destinataire afin d’obtenir, à terme, un magazine entièrement personnalisé, feuilletable sur sa tablette. Certains, comme Flipboard, poussant l’analogie jusqu’à reproduire le bruit et l’apparence du feuilletage d’un magazine. Des solutions qui visent aujourd’hui à accroître leurs audiences mais qui posent la question cruciale du financement de ces contenus.

Après les contenus écrits, au tour de l’audiovisuel

La présence, sur le marché, d’acteurs tels que Deezer, Spotify, Napster ou Goom radio montre que l’industrie musicale et le média radio sont aussi concernés par cette volonté des utilisateurs à prendre la main sur l’éditorial par le biais de playlists. Déjà occupé par Apple TV ou Microsoft Media Center, le monde de l’audiovisuel connecté devrait à son tour passer à la vitesse supérieure avec l’arrivée d’un poids lourd du secteur : Google. Son service Google TV permet d’optimiser la connexion de l’écran de télévision du salon à Internet et de l’ouvrir aux contenus audiovisuels diffusés sur la toile. De tels systèmes ont pour objectif de permettre à l’utilisateur non seulement d’aller chercher des contenus sur le Web, mais surtout de pouvoir les organiser dans le but de fabriquer sa propre programmation. Le téléspectateur se transforme ainsi en producteur de sa grille de programmes et peut à tout moment intervenir sur le type de contenus auquel il souhaite accéder.

« Nous ne pensons pas que l’on doive abandonner la manière dont on regarde la télévision. Les utilisateurs pourront donc entrer et sortir du Web sans changer d’application, sans changer de télécommande. Une simple barre de recherche permettra de choisir ce qui vous intéresse entre les deux supports »,

précise Rishi Chandra, Group Product Manager chez Google. Avec un lancement plutôt chaotique, Google TV est symptomatique de la difficulté d’ajustements techniques entre les fabricants de téléviseurs et les producteurs de services, mais est symptomatique de la tendance à s’inscrire dans un univers connecté.

Le papier innove aussi

Les avancées techniques de l’imprimerie ouvrent également le champ à des solutions d’éditorialisation et de personnalisation des supports traditionnels. Les techniques numériques permettent aujourd’hui d’envisager d’imprimer certaines publications à faible tirage. Depuis 2010, par exemple, le journal Le Monde a ainsi changé sa politique de fabrication et de distribution de son quotidien à La Réunion pour permettre à la population locale de recevoir le journal du soir dès 17h00. Les techniques numériques permettent aujourd’hui de transmettre à la fois un fichier facilement par réseau et surtout de pouvoir l’imprimer localement sur une rotative numérique permettant des faibles tirages. Le lecteur réunionnais peut ainsi désormais découvrir les pages du quotidien avant celui de Paris. Plus fort : la Poste Suisse a étoffé son offre avec un service baptisé MyNewspaper, permettant à ses clients de recevoir quotidiennement une publication personnalisée compilant des articles d’une trentaine de journaux différents. Le bénéficiaire peut à loisir personnaliser et éditer sa publication en choisissant ses sujets de prédilection via un site Internet. Même initiative pour le magazine Otograff, dont les contenus disponibles sur Internet peuvent être sélectionnés par l’internaute pour composer sa propre publication qui lui sera envoyée imprimée par courrier. Des solutions qui permettent aux éditeurs de presse de toucher un nouveau lectorat et de trouver des relais de croissance dans l’impression et la diffusion de cette nouvelle forme de publication. Cette expérience tend surtout à prouver que le papier n’a pas encore totalement disparu des dispositifs éditoriaux. De support référent, il constitue désormais une option proposée aux utilisateurs.

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