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La révolution publicitaire

Contenus et publicité : un mélange des genres ?

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Contenu et Publicité : mélange des genresUn autre défi concerne la définition d’une frontière, de plus en plus ténue, entre les producteurs de contenus et les régies publicitaires. Certains acteurs tels que Yahoo!, Facebook ou Microsoft, jouent habilement sur les deux tableaux, faisant émerger la suspicion d’un risque de connivence entre les deux métiers. Une situation qui n’est évidemment pas sans créer, ici aussi, un risque de conflit d’intérêts, rien ne permettant de penser que la frontière entre les deux métiers ne soit pas régulièrement franchie. La société de vente en ligne Amazon, par exemple, habituée du profilage de ses clients à des fins de suggestion d’achat a ainsi été un temps accusée de profiter de sa position en adaptant abusivement ses prix de vente au profil de ses utilisateurs. Des pratiques tout aussi inquiétantes chez Facebook, régulièrement montré du doigt pour monétiser les informations personnelles de ses membres. En 2010, la firme de Mark Zuckerberg avait été interpellée par le Wall Street Journal pour avoir intégré, dans ses codes, une fonctionnalité permettant aux régies publicitaires d’accéder directement aux informations particulières des internautes ayant cliqué sur leurs bannières publicitaires. Un bug rapidement corrigé par la firme, accompagné des excuses de son PDG fondateur. En septembre 2011, le réseau social s’est de nouveau vu reprocher des pratiques frauduleuses. En cause, cette fois, l’utilisation de cookies traceurs permettant de repérer les agissements de l’internaute, même lorsqu’il était déconnecté du réseau social. Un événement qui a rapidement fait le tour du Web et a une nouvelle fois obligé la firme de Palo-Alto à faire des excuses publiques.

La résistance s’organise

Une accumulation de dérapages inquiétants de la part d’acteurs résolument globaux et en charge d’informations potentiellement sensibles si elles venaient à être mal utilisées. Face à ce constat, une certaine forme de résistance commence à animer les acteurs du Net. De plus en plus d’internautes se plaignent du manque de transparence dans la gestion de leurs contenus personnels et revendiquent un droit à l’oubli fondamental de leurs agissements sur Internet. Les associations d’internautes dénoncent, quand elles le peuvent, les dérives autoritaires des régies publicitaires. Les blogueurs influents stigmatisent les abus des géants du Web. Aux États-Unis s’organisent des Quit Facebook Days ou des campagnes Web diffusées sur Times Square sur le thème de Do not track me, lancées à l’initiative de certains activistes. Le réseau Diaspora tente, de son côté, de s’imposer comme une alternative libre et éthique à Facebook, permettant de garantir la confidentialité des échanges de ses membres. Enfin, certains « hacktivistes », comme les Anonymous, souhaitent dénoncer la violation régulière de la vie privée des utilisateurs en visant une destruction pure et simple de Facebook par des méthodes virales. Des méthodes extrêmes qui témoignent toutefois d’une certaine impuissance de la société à contrôler et réglementer ces entreprises.

Dépôts de plaintes : Google, Microsoft et Facebook dans le collimateur

Parallèlement à cette cristallisation d’énergies individuelles, la voie réglementaire demeure encore une solution privilégiée par certains. Une plainte, déposée en nom collectif en 2010 aux États-Unis à l’encontre de Google, vise ainsi à récolter des dommages et intérêts pour les individus dont les informations confidentielles ont été illégalement communiquées à des tiers. En Europe, La Commission européenne a été saisie début 2011 par plusieurs acteurs du monde de l’Internet pour abus de position dominante et déréférencement sauvage du moteur de recherche. Même les géants de l’informatique s’organisent pour tenter de stopper le développement incontrôlable de ces mastodontes dopés à la publicité. Microsoft a ainsi saisi la Commission européenne pour pratiques anticoncurentielles de Google. Preuve que l’inquiétude gagne aussi les rangs des concurrents.

La CNIL : des labels du bon usage de la vie privée

Dernière initiative : la CNIL propose désormais une alternative à l’attaque. En lançant un système de labellisation des sites respectueux de la vie privée, elle souhaite se positionner en tant qu’acteur référent dans le paysage économique et technologique et créer une émulation chez ceux qui jouent un rôle dans la publicité sur Internet. Au même titre qu’un industriel trouve désormais un avantage concurrentiel à se déclarer « éco-responsable », l’obtention d’un label de la CNIL permettra désormais aux entreprises de se distinguer par la qualité de leurs produits ou de leurs procédures au regard des critères de la loi Informatique et Libertés.

des armes nationales pour des entreprises globales : un combat perdu d’avance ?

Toutes ces actions ne semblent pourtant pas atteindre les acteurs majeurs qui régissent l’éco-système du Net. Leurs audiences, toujours en hausse, montrent à quel point ils sont devenus indispensables aux internautes. Il faut dire que trois pays sur quatre n’ont aujourd’hui toujours pas de législation encadrant la protection des données sur le réseau Internet. Du pain béni pour ces sociétés dont la cour de récréation est résolument mondiale et qui se jouent des frontières nationales.

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