Le nouveau diktat de la transparence

En laissant la parole à l’homme de la rue, Internet a aussi ouvert une boîte de Pandore. Les nouveaux médias et les fonctionnalités du Web 2.0 ont potentiellement fait disparaître les filtres que peuvent représenter l’éditeur ou le rédacteur en chef. Une liberté de parole qui n’est pas toujours garante de qualité, mais qui favorise la spontanéité et la transparence des propos que l’on peut trouver sur le Web. C’est désormais au lecteur de jouer le rôle de filtre et de savoir trier le bon grain de l’ivraie dans le volume considérable et de qualité inégale des propos disponibles sur le Net.

Quelle pérennité pour quel modèle économique ?

Conformément à la prédiction de Chris Anderson, la gratuité s’est aujourd’hui imposée pour les contenus de tous les secteurs du numérique : du logiciel à la musique en streaming, du conseil aux contenus vidéo, des émissions de radio aux programmes télé. Pour autant, peut-on raisonnablement considérer la gratuité comme un principe viable à long terme ?

Accès aux contenus : le dogme de la gratuité

Internet apparaît aujourd’hui encore comme un terrain de liberté. À ce titre, il s’impose par extension comme un domaine de libre accès à une information pléthorique. « Le Web est devenu le monde de la gratuité », nous dit Chris Anderson, rédacteur en chef du magazine Wired. « Les coûts sur Internet vont tous dans la même direction : vers zéro (…). Il est désormais clair que tout ce que le numérique touche évolue vers la gratuité » complète-t-il. De fait, le Web a, dès son origine, installé la gratuité en tant que principe de base, remettant en question le modèle économique des acteurs traditionnels, bousculés par celui des nouveaux arrivants comme Google.

L’émergence d’un journalisme citoyen

Internet est aujourd’hui devenu le principal carrefour de l’expression citoyenne, dans le sens où, une fois les quelques rudiments techniques acquis, il est une tribune unique de l’individu sur le monde. Face à la perte progressive de la crédibilité journalistique, la parole citoyenne, qui s’exprime sur les blogs ou les plateformes d’information, émerge aujourd’hui comme une ultime source d’expression libre, indépendante de toute autorité politique ou éditoriale et pour laquelle Internet constitue une caisse de résonance inédite. Le citoyen est à même de devenir un producteur de contenus autoproclamé, pour le pire et le meilleur, proposant sa propre vision , son propre point de vue, remettant en cause le rôle même du journaliste ou de l’éditeur dans le paysage médiatique. Ce journalisme citoyen est aujourd’hui considéré comme un cinquième pouvoir, alors que le quatrième, celui des médias traditionnels, traverse une crise d’identité sans précédent.

De la résilience des contenus à la maîtrise de sa e-notoriété

Dans cette mémoire globale et extensible qu’est Internet, le fait de poster des commentaires, des photos ou des vidéos peut avoir des répercussions notoires pour l’internaute. Ces informations laissent des traces numériques en ligne et peuvent potentiellement représenter un préjudice a posteriori dans la mesure où elles sont susceptibles de remonter à la surface du Net à la moindre requête sur un moteur de recherche. Cette résilience de l’information en ligne met en péril une liberté fondamentale de l’individu qui est celle liée au droit de changer d’avis.

L’émergence des contenus « spontanés »

Le droit d’expression est une notion fondamentale des libertés individuelles. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen précise que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la loi ». Un cadre qui prend une nouvelle dimension depuis la généralisation des fonctionnalités du Web 2.0. De nouveaux types de contenus viennent peu à peu augmenter de manière conséquente le volume d’informations disponible sur le Net : ceux générés par les utilisateurs et communément nommés « UGC », pour User Generated Contents (Contenus produits par les utilisateurs). Forums, chats, blogs, évaluation en ligne, commentaires, live-twitts sont autant de canaux permettant de prendre la parole et se présenter sur le Net.