Le nouveau diktat de la transparence

TransparenceEn laissant la parole à l’homme de la rue, Internet a aussi ouvert une boîte de Pandore. Les nouveaux médias et les fonctionnalités du Web 2.0 ont potentiellement fait disparaître les filtres que peuvent représenter l’éditeur ou le rédacteur en chef. Une liberté de parole qui n’est pas toujours garante de qualité, mais qui favorise la spontanéité et la transparence des propos que l’on peut trouver sur le Web. C’est désormais au lecteur de jouer le rôle de filtre et de savoir trier le bon grain de l’ivraie dans le volume considérable et de qualité inégale des propos disponibles sur le Net. La faculté de réaction de la folksonomie sur les médias en ligne est un premier garant d’autocontrôle des propos et un outil puissant de débat. Le « mauvais geste », le réajustement stratégique discret ou la fausse déclaration ont aujourd’hui peu de chance de passer au travers des mailles étroites du filet de la blogosphère, qui les reprendront et les commenteront avant qu’elles ne soient éventuellement exploitées et mises au ban par les relais plus traditionnels que sont les grands médias. Le fact-checking constitue une autre caution de véracité des propos. Cette nouvelle pratique journalistique consiste à systématiser la vérification des faits et des affirmations politiques dans le but de faire émerger les éventuelles contradictions et révéler la vérité. Des sites Internet comme les décodeurs en France ou Politifact aux États-Unis se sont spécialisés dans ce type de révélations et constituent un contre-pouvoir performant. Parallèlement, le data-journalisme se veut être une nouvelle méthode d’investigation objective fondée uniquement sur le décryptage et l’analyse de données chiffrées. D’une manière comme d’une autre, ces nouveaux modes de journalisme participent à une volonté de plus de transparence de la part des acteurs de la sphère publique comme dans les méthodes d’investigation.

Dissimuler, c’est prendre le risque d’être exposé

Internet est donc devenu un vecteur puissant de transparence, dans la mesure où les propos diffamatoires, les mensonges ou les tentatives de manipulation courent le risque d’être révélés au plus grand nombre et amplifiés par l’effet de réseau. Un phénomène qualifié d’effet Streisand, en référence à une affaire qui opposa, en 2003, Barbara Streisand à un photographe au sujet d’une photographie de la maison de l’actrice publiée sans son consentement sur Internet. Cette plainte, considérée comme une tentative de censure par les internautes, eut pour effet de démultiplier sa diffusion sur les réseaux et donna, contrairement à ce qui était attendu, une visibilité mondiale à ce qui n’était à l’origine qu’une banale affaire de droit à l’image. Des affaires comme celle-là, Internet n’en manque pas et s’en fait même une spécialité. Des contenus de sex-tapes mystérieusement mis en ligne aux propos off the record des politiques relayés sur les réseaux sociaux, ces affaires prouvent qu’il est vain, voire dangereux de tenter de s’opposer à la diffusion d’une information sous peine de la voir immédiatement mise sur le devant de la scène numérique.

Une transparence de rigueur

L’État, l’entreprise ou la personne publique seraient donc désormais contraints à la transparence lorsqu’ils prennent la parole, sous peine de réaction immédiate et parfois violente de la part du citoyen dans le cas inverse.

« Dans nos sociétés contemporaines, démocratiques, ouvertes, il sera de plus en plus difficile, pour le pouvoir, d’avoir une double politique : l’une vis-àvis de l’extérieur, et l’autre plus opaque, plus secrète, à usage interne, où le droit et les lois peuvent être transgressés », nous dit Ignacio Ramonet.

Pour autant, toute vérité est-elle forcément bonne à dire ? En la matière, deux courants s’affrontent.

Wikileaks ou l’esprit libertaire d’Internet

L’exemple de Wikileaks nous fournit quelques éléments de réponse sur le sujet. Son principe, consistant à porter à la connaissance du plus grand nombre, de manière anonyme, les fuites d’informations juridiques, militaires ou financières a élevé la transparence au rang de valeur inaliénable et de conviction militante. « Nous sommes une organisation qui tente de faire un monde plus civique et agissons contre toutes organisations irrespectueuses qui tentent de tirer dans une direction opposée », confesse Julian Assange, le principal porte-parole du site. Avec, à son actif, des affaires comme les dérapages de l’armée américaine en Irak, les crimes de guerre commis en Afghanistan, la révélation de comptes en banques domiciliés dans les paradis fiscaux ou celle des critères de sécurité obsolètes des centrales nucléaires japonaises, Wikileaks fait office de porte-drapeau des défenseurs de la transparence absolue des propos sur Internet et se révèle être un contre-pouvoir redoutable contre toutes les sortes d’abus des détenteurs de pouvoirs de ce monde. La preuve en est que l’association a dû lutter de nombreuses fois contre les tentatives de certains lobbies de fermer le site par des voies légales, financières ou d’intimidation. Preuve que son action ne convient pas à tout le monde. De son côté, Google, rarement reconnu comme un exemple en matière de clarté, publie semestriellement un rapport de transparence relayant les « demandes de retrait de contenus et de divulgation d’informations sur des internautes émanant d’agences gouvernementales et de tribunaux du monde entier », qui permet de connaître la nature des demandes de retrait d’informations des moteurs de recherche provenant des plus hautes institutions des États. Un outil de transparence qui, aux côtés de modèles comme Wikileaks, ouvre la voie et conduit désormais les grandes organisations à considérer la sincérité et l’honnêteté comme des alternatives possibles à l’autorité.

De la transparence à la tyrannie

Pour autant, peut-on considérer que les révélations et la transparence à tout prix soient une garantie de plus de démocratie ? Doivent-elles se faire au détriment de certaines règles déontologiques ou légales ?

« Je trouve formidable la transparence, que tout sorte à la lumière. Cela nous préserve des intrigues, des manœuvres, des mensonges », déclare l’écrivain nobélisé Mario Vargas Llosa, pourfendeur de toute forme de dictature. « D’un autre côté, si tout sort à la lumière, si disparaît toute forme de confidentialité, de secret, je ne vois pas comment pourrait fonctionner un État. (…) Les États seraient d’une telle vulnérabilité que les institutions (…), l’essence même de la démocratie, seraient en danger. »

Et, de fait, la course à la révélation peut devenir profondément liberticide. En témoigne le scandale des écoutes téléphoniques du News of the World qui a secoué le monde de la presse au Royaume-Uni. Des pratiques qui se sont allègrement jouées de tout cadre réglementaire, allant jusqu’à des affaires de corruption de policiers susceptibles de fournir des informations pour nourrir les colonnes du tabloïd de Rupert Murdoch. La transparence s’apparente, dans ce cas, plus à la préoccupation de pouvoir nourrir les curiosités parfois morbides d’un public adepte des scandales.

« La technologie permet la transparence, ce n’est pas une raison suffisante pour tout rendre transparent », nous dit Thierry Crouzet. « Nous avons le droit au secret. Et si nous avons ce droit individuellement, nous ne pouvons faire autrement que de garantir aussi le secret des entités collectives. Cela signifie que nous devons décider des données à rendre transparentes, de celles qu’il est préférable de garder secrètes, tout au moins dans l’instantanéité. »

La transparence ne serait donc pas cette panacée que certains veulent bien nous faire croire. Pire, elle pourrait être à la source d’une déstabilisation du système politique des grandes démocraties, dans le sens où ce sont elles qui ont le plus à craindre de ces révélations.

La sincérité est le sentiment le plus toléré sur Internet

Reste que le sujet de la transparence est aujourd’hui un fait sur le réseau. L’individu, l’entreprise ou l’État se doivent aujourd’hui d’adopter un ton direct sur le Net, voire d’assumer leurs erreurs, les avouer, les argumenter si nécessaire. A contrario, celui qui n’est pas limpide dans ses propos peut être rapidement soupçonné d’avoir des choses à dissimuler. Cette tendance fait émerger un nouveau comportement de la part des individus, qui considèrent aujourd’hui la franchise comme une sorte de courage alors que la tentative de dissimulation, qui est tôt ou tard mise à jour par les arcanes complexes et incontrôlables d’Internet, est immédiatement sanctionnée. À moins de s’appeler Google ou Facebook, la transparence est donc une tendance de fond à laquelle toutes entreprises et organisations doivent désormais s’astreindre au-delà des données sociales ou d’éthique auxquelles elles sont désormais légalement amenées à apporter des preuves. Sous peine d’avoir un jour à présenter des comptes.

L’émergence des contenus « spontanés »

Le droit d’expression est une notion fondamentale des libertés individuelles. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen précise que :

« la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la loi ».

Un cadre qui prend une nouvelle dimension depuis la généralisation des fonctionnalités du Web 2.0. De nouveaux types de contenus viennent peu à peu augmenter de manière conséquente le volume d’informations disponible sur le Net : ceux générés par les utilisateurs et communément nommés « UGC », pour User Generated Contents (Contenus produits par les utilisateurs). Forums, chats, blogs, évaluation en ligne, commentaires, live-twitts sont autant de canaux permettant de prendre la parole et se présenter sur le Net. Les contenus se libéralisent et l’indépendance de ton devient une réalité dans le sens où elle est aujourd’hui l’affaire de chacun et ne dépend plus d’un tiers (éditeur, diffuseur, distributeur, etc.). Un écrivain ou un musicien peuvent donc aujourd’hui librement diffuser leur œuvre dès lors qu’ils sont capables d’utiliser les outils de diffusion à disposition. L’expérience communautaire telle que celles proposées par My Major Company ou Kiss Kiss Bank Bank vont jusqu’à changer le rapport de force pouvant exister entre l’individu et le monde fermé des éditeurs en donnant la possibilité à un artiste non seulement de la libre diffusion de son œuvre mais également celle de trouver un mode de financement permettant son éventuelle exploitation commerciale.

Les contenus spontanés comme modèle économique

Certains services, comme Yelp, Doctissimo, Tripadvisor ou Plebicity, tirent également l’essentiel de leur dynamisme éditorial des contenus issus des contributions et des échanges réalisés entre les internautes et les membres de ces communautés. Alors qu’on dénombrait en 2011 plus de 160 millions de blogs dans le monde et 30 milliards de contributions publiées chaque mois sur Facebook, on est en droit de se demander quels sont les mécanismes qui conduisent le citoyen à être actif sur Internet. Qu’est-ce qui nous fait twitter ? Pourquoi prenons-nous la parole sur des blogs ? Quels genres de pulsions nous poussent à poster notre vie sur les réseaux sociaux ? Quelles sont les raisons qui poussent certains d’entre nous à mettre leur expertise au service d’un projet comme Wikipedia ? Et cela alors qu’il n’y a pas de contrepartie financière immédiate ? Des questions aussi universelles que celles qui peuvent amener l’écrivain ou le journaliste à prendre la plume, mais qui prennent une tournure particulière dès lors que l’on touche aux informations personnelles. Mais des motivations essentielles dans la mesure où ce besoin représente la pierre angulaire du développement des réseaux sociaux, poussant toujours plus d’individus à se livrer sur Internet, au mépris, parfois, des risques que cela peut présenter.

« Il y a plusieurs facteurs qui font que les gens s’exposent malgré tout. D’abord, sur les réseaux sociaux, c’est en dévoilant des choses sur soi que l’on crée du lien, c’est même l’ingrédient sine qua non », nous dit l’économiste Fabrice Rochelandet, auteur d’un ouvrage sur l’économie des données personnelles et de la vie privée. « Ce qui est moins rationnel, c’est que les gens divulguent beaucoup de choses. Ce peut être parce que les autres le font ; du coup, on a l’impression que si tout le monde le fait, il y a moins de risques. (…) Et puis, même s’il est imprudent de trop se dévoiler, on ne sait pas quand cela va se retourner contre soi, ni comment. C’est diffus. Enfin, il ne faut pas oublier le petit plaisir immédiat qu’il y a à s’épancher ! »

La reconnaissance, moteur de la contribution

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En même temps que le nombre de supports d’expression a explosé, les motivations sous-tendant le besoin de contribuer sur le Net semblent donc être multiples et hétérogènes. Elles sont toujours conformes aux besoins fondamentaux de l’individu qu’Abraham Maslow avait schématisé dans sa pyramide des comportements dès les années 40. Selon cette théorie, les besoins liés à l’appartenance, la reconnaissance ou l’accomplissement s’expriment chez l’individu dès lors que ses motivations primaires, comme celles liées à la survie et à la sécurité, sont satisfaites. Contribuer reviendrait donc à rechercher une reconnaissance et une valorisation individuelles qui peuvent parfois manquer dans notre société, alors que les besoins matériels sont, eux, satisfaits. Cela procède à la fois d’un besoin de reconnaissance proche du quart d’heure de célébrité warholien et d’un comportement autocentré. Prendre la parole, contribuer, évaluer ou commenter sur des services en ligne procèdent d’un besoin universel de se livrer pour acquérir un statut dans la société. La nébuleuse et le relatif anonymat du Net permettant, en plus, toutes les audaces que notre société, construite sur le jugement et l’évaluation d’autrui, ne permet pas toujours.

Du projet à la réalisation : les premiers exemples d’écriture collective

La contribution a donc des vertus fondamentales pour la valorisation individuelle. À ce titre, on s’aperçoit que le « Je », en tant qu’expression d’une pensée individuelle, fait son grand retour, symbolisant la prise de parole personnelle, la prise de position et un certain courage, même si tout cela reste à relativiser compte tenu du caractère anonyme du Web. Parallèlement, le « Nous » l’accompagne de plus en plus souvent dans le cadre des échanges sociaux. La contribution a en effet des implications collectives et certains projets prennent appui sur cette dynamique d’écriture individuelle à des fins d’un projet commun. Les réseaux sociaux donnent un cadre idéal à l’écriture collective en modernisant le principe du cadavre exquis, expérimenté par le courant surréaliste. Ainsi est née l’idée de L’exquise nouvelle, un projet éditorial lancé sur Facebook réunissant plusieurs dizaines d’auteurs confirmés et débutants participant à une aventure d’écriture collective. La contrainte : que chaque auteur participe au manuscrit à hauteur de 420 signes maximum, soit le volume d’un statut Facebook, et qu’il rebondisse sur le texte du contributeur précédent pour élaborer une histoire originale. Le résultat : un polar nous invitant à suivre les traces d’un tueur à l’andouillette. Un principe développé également par Alexandre Jardin, de manière plus sophistiquée, autour de son roman Fanfan2, qui ressuscite son personnage d’Alexandre, 15 ans après son premier roman. Se situant à l’issue du livre, le concept propose de participer à une aventure transmédia sur un site, des applications mobiles, un flux Twitter et quelques pages satellites permettant aux internautes de prolonger le récit de l’auteur et d’intervenir sur la narration et le fil de l’histoire, en conseillant son héros sur la manière de prolonger sa passion pour son héroïne. Une expérience d’écriture collaborative et collective a également été mise en œuvre par Orange dans le cadre d’un projet cinématographique baptisé We are producteurs. Ce concept proposait aux internautes de collaborer à l’élaboration d’un film en participant à son écriture, au choix des personnages ou du titre, aux séances de casting, ou à l’écriture des étapes clés du scénario. Une expérience de cocréation regroupant plus de 12 000 contributeurs, menée par Luc Besson en maître d’œuvre, qui aboutit au film À l’aveugle réalisé par Hervé Palud et sorti en salles en 2012. Une expérience qui permit de poser les bases d’un mécanisme de co-écriture d’un projet complexe comme peut l’être celui d’un film.

La dynamique du contributif recherchée par les marques

À l’heure où on déplore un relâchement dans les matières écrites et le lien social, les aspirations du citoyen à prendre la parole sur le Net sont une bonne nouvelle. Elles sont un creuset d’énergies exploité par un certain nombre de services et une source de créativité et d’expertise unique qui devient aujourd’hui un pilier du modèle économique des médias connectés. À tel point que cette dynamique des contenus spontanés est aujourd’hui recherchée par les entreprises comme preuve d’attachement à la marque et d’émulation auprès de différents réseaux sociaux.

Émergence des communautés : les contenus s’enrichissent, l’information se catégorise

CommunautésÉlément fondateur des réseaux sociaux, le principe de communautés est en train de transformer les modes de communication et d’information. Les sites référents comme Facebook, LinkedIn ou Viadeo, pour les plus connus, ont eu pour effet de donner la parole à des communautés dont les interconnexions tissent une toile inextricable entre les individus. Cette tendance de nos sociétés postmodernes a été identifiée par le sociologue Michel Maffesoli avant la généralisation d’Internet et correspond, semble-t-il, à un retour à une certaine forme de tribalité. L’arrivée des réseaux sociaux ne serait donc qu’un révélateur de cette tendance. « Internet recrée des tribus : sexuelles, musicales, religieuses, sportives… Ces multiples petites tribus se regroupent autour d’une icône, d’un totem », nous dit celui qui a introduit cette notion de néotribu pour désigner le regroupement des individus autour d’images représentatives de la communauté.

La tribu, créatrice de valeur

Cette notion de tribu est fondamentale dans la conception moderne d’élaboration des contenus. Le sentiment d’appartenance à une communauté est en effet à l’origine de la notion de « folksonomie », c’est-à-dire la capacité de confier au plus grand nombre, de manière décentralisée et autonome, l’organisation et l’enrichissement d’un contenu, d’un savoir. Cette approche ouvre le champ des possibles en matière de développement d’une ressource initiale par les différents contributeurs des cercles communautaires. Elle donne la possibilité d’expérimenter, de proche en proche, des pistes qui seraient restées inexplorées si elles avaient été le fait d’un seul individu ou d’une entreprise. Cette tendance à l’interconnexion des individus remet également au goût du jour le « phénomène de petit monde » exploré en 1967 par le psycho-sociologue Stanley Milgram, établissant l’hypothèse que chaque individu puisse être relié au reste du monde par une chaîne de relation sociale à six degrés maximum.

Le monde interconnecté : les limites de l’exercice

Cette théorie est au cœur du potentiel rendu tangible par la mise en place des réseaux sociaux sur Internet, alors même que de nouvelles expériences tendent aujourd’hui à démontrer que les six degrés entre individus se réduiraient finalement à quatre par l’entremise de ces réseaux sociaux. Quoi qu’il en soit, si cette relation s’avère vraie, alors nous aurions potentiellement la possibilité d’accéder simplement à un savoir universel. Or, cette conception échappe au domaine de l’humain. Elle pose donc un autre principe fondamental : celui de la capacité intellectuelle à recevoir, traiter et absorber une quantité sans cesse grandissante d’informations. La profusion des médias de diffusion entraîne une surexposition croissante à l’information, qu’elle soit professionnelle, publicitaire ou liée à l’actualité. Aujourd’hui, cette information s’échange, se relaie de manière informelle, permanente, intangible entre chaque individu selon des flux complexes, sans traçabilité claire, sans émetteur centralisé. Sans filtre, elle devient paradoxalement inaccessible. Un des enjeux de l’information moderne sera donc lié à la capacité de trier, sélectionner et filtrer l’information en fonction de ses centres d’intérêt, ses affinités, ses attentes du moment. Pour cela, les communautés auxquelles chacun appartient auront un rôle de recommandation primordial à jouer.

« C’est une période très intéressante car c’est la fin d’un Web tel que nous l’avons connu », nous dit Georges Nahon président d’Orange Labs de San Francisco en parlant de l’avenir des échanges de contenus au travers des réseaux sociaux. « L’essentiel de la consommation de l’information ou de services viendra de la recommandation implicite ou explicite que feront les différents réseaux. »