Étiquette : délinéarisation

Une histoire sans fin

La littérature, le cinéma, la peinture, la photographie ou le théâtre sont considérés comme des médias d’émotion, dans le sens où ils délivrent un contenu qui est avant tout le fruit d’une démarche artistique. Ils ont aussi la particularité d’être considérés, une fois achevés, comme des œuvres fermées. Le roman, une fois publié, n’a a priori que peu de raison d’être modifié par son auteur. Une règle qu’il convient toutefois de relativiser puisque pour le seul domaine littéraire, la période pré-Gutenberg était propice à l’enrichissement des textes par les copistes en charge de leur reproduction et à l’exégèse des interprètes de la parole, qui était essentiellement divine à l’époque. Par la suite, les grandes œuvres des encyclopédistes des Lumières furent à de multiples reprises remaniées et augmentées pour intégrer l’avancée des connaissances de l’époque. Le théâtre, dans la grande tradition de la Commedia dell’arte, faisait aussi la part belle à l’interprétation de l’œuvre par l’acteur. Le caractère intangible de l’œuvre n’est donc pas à considérer comme un dogme mais plutôt comme une conséquence du support sur lequel elle s’exprime et se diffuse.

L’écriture à la conquête de l’espace

La structure d’un récit est essentielle à son intelligibilité. Traditionnellement conçue selon une ligne narrative fixe, cette structure permet de donner le cadre dont l’esprit a besoin pour se laisser guider par l’histoire. « Qu’on écrive un roman ou un scénario, on organise des rencontres, on vit avec des personnage ; c’est le même plaisir, le même travail. On intensifie la vie », disait François Truffaut(1). L’écriture est le média permettant ces rencontres et cette transcendance. À cette fin, on peut considérer que le schéma linéaire est symbolisé au cinéma par le scénario, pour les médias audiovisuels par le conducteur ou par le chemin de fer pour la presse.

L’apparition des médias online a brutalement changé ce paradigme linéaire immuable. Le principe d’hyperlien a rompu cette linéarité en introduisant la notion de digression narrative et d’exploration disruptive des contenus. Et ce dès le début du Web. Les enjeux qui accompagnent la délinéarisation des contenus et l’émergence de la notion de transmédia constituent une révolution sans précédent dans la manière d’organiser l’information.

De l’ère de l’information vers celle de la conversation

Au fur et à mesure de l’enrichissement de ses contenus, à partir des années 90, par les centres de recherche universitaires, les entreprises, les enseignes commerciales ou les titres de presse, le Web s’est rapidement imposé comme le nouveau média de la demande, supplantant en cela certains supports papier spécifiques comme le dictionnaire, l’encyclopédie ou l’annuaire. Le Web a annoncé, très tôt, la prise de pouvoir de l’internaute en tant qu’acteur de sa propre information. Même limité, le citoyen connecté a pris l’habitude, à cette époque, de choisir son contenu et de ne plus se soumettre à une grille de programmes ou à une ligne éditoriale imposée. Tout cela se faisait alors sans aucune intention préalable, ni de la part de l’internaute ni encore moins de la part des éditeurs. La logique était essentiellement construite autour d’une mise à disposition de contenus, d’un côté, et une préemption de ce même contenu, de l’autre côté.

On, off et mobile : l’omni-connexion devient le modèle

L’apparition du wi-fi, puis le développement du haut débit sans fil ont conduit à un nouveau mode de consommation de l’information. Parallèlement à ces nouveaux usages on assiste à l’émergence des smartphones avec un parc estimé à 104 millions d’unités dans les cinq principaux pays d’Europe en décembre 2011, soit 44 % de plus qu’en 2010. Les tablettes digitales commencent également à marquer leur territoire avec 3,4 millions d’unités vendues en France en 2012 et à devenir un marché sur lequel beaucoup de fabricants tentent de s’imposer. À tel point que, selon une étude menée par le Figaro, le nombre de tablettes vendues devrait dépasser celui des PC portables dès 2016, sacralisant le nomadisme comme tendance de fond.

Média, multimédia, cross-média ou richmédia ?

La technologie informatique a entraîné de manière sous-jacente la notion d’hypermédia, fondamentale dans l’émergence des médias numériques. Elle porte en elle une nouvelle dimension suggérant la transcendance de ces nouveaux médias sur ce qu’il est coutume d’appeler les traditionnels. Ils…

Quand la publicité nous raconte des histoires

La publicité sur Internet ne se cantonne pas aux seules techniques d’affichage qui, aussi perfectionnées soient-elles, ne sont finalement pas très différentes de la mécanique de mémorisation d’une annonce presse traditionnelle. Les multiples formats et domaines d’expression disponibles sur le Web donnent aux créatifs un terrain de jeu inédit. Et les fonctionnalités du Web un levier de performance inédit pour la publicité. Depuis l’avènement du haut débit, vidéos, animations, jeux, courts métrages, fausses pubs, quiz ou expériences ésotériques s’échangent régulièrement sur la toile. Les marques ont eu tôt fait de s’engouffrer sur ce marché ultra-dynamique et tentent de profiter de la créativité du secteur pour occuper le terrain. L’objectif est simple : sortir la marque du format publicitaire traditionnel, source de suspicions et de rejet, pour la plonger dans un contenu original permettant de créer une connivence avec le consommateur citoyen.